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Anatomie des résistances

Elles l’ont fait. Mais l’histoire l’a oublié. Effet Matilda, pardi !

Vous avez une idée brillante. Vous changez la donne. Vous bossez avec rigueur et créativité. Et pourtant… quelqu’un d’autre récolte les lauriers.

Ce n’est pas un hasard, c’est l’effet Matilda : quand le talent des femmes est invisibilisé, détourné, effacé.

Et si on arrêtait de vous voler la vedette ?

L’effet Matilda : quand le talent des femmes disparaît sous d’autres noms

Son nom vient de Matilda Joslyn Gage, militante féministe et abolitionniste du XIXe siècle. Dès 1870, elle dénonçait le vol systématique des inventions des femmes par leurs homologues masculins.

Un siècle plus tard, en 1993, l’historienne Margaret Rossiter formalise le concept : dans les sciences, l’innovation, la recherche, les découvertes des femmes sont systématiquement attribuées à des hommes. Elles finissent en notes de bas de page pendant que d’autres raflent la gloire.

🚀 Ça vous rappelle quelque chose ? Normal. C’est l’effet Matthieu, le principe du “plus tu es visible, plus tu accumules” (et inversement, plus tu es invisible, plus on t’efface). Autrement dit, la reconnaissance fonctionne comme un algorithme biaisé bien avant l’ère des réseaux sociaux.

🔍 Pourquoi ça continue ? Parce qu’un biais, ça ne disparaît pas par magie. Les institutions, les normes sociales et les habitudes verrouillent le jeu. Plus un schéma est répété, plus il semble normal.

Résultat ? L’histoire oublie les femmes, non pas parce qu’elles n’étaient pas là, mais parce qu’on leur a systématiquement coupé le micro.

L’effet Matilda : quand le talent des femmes disparaît sous d’autres noms
Quand l’histoire fait du ghosting aux femmes

Quand l’histoire fait du ghosting aux femmes

📌 Rosalind Franklin → Son travail a permis la découverte de l’ADN. Prix Nobel ? Watson et Crick.

📌 Lise Meitner → A découvert la fission nucléaire. Prix Nobel ? Otto Hahn.

📌 Margaret Hamilton → A codé le programme qui a envoyé l’homme sur la Lune. Peu de reconnaissance médiatique à l’époque.

📌 Elaine Bass → A co-créé les génériques les plus iconiques du cinéma avec Saul Bass. Son nom a pourtant été éclipsé.

📌 Trotula de Salerne → Médecin du XIe siècle dont les travaux ont été attribués à un groupe d’hommes… ou à son mari. Parce que visiblement, une femme médecin, ça passait mal.

Ces exemples montrent un schéma répétitif : plus la contribution est majeure, plus elle risque d’être effacée.

L’effet Matilda 2.0 : discret, mais toujours aussi efficace

Parce que les biais cognitifs et systémiques qui sous-tendent l’effet Matilda sont toujours actifs, même s’ils prennent des formes plus subtiles.

🚨 En réunion, une étude menée par Yale a montré que les femmes sont interrompues 2,5 fois plus souvent que les hommes lorsqu’elles prennent la parole.

🚨 Dans les médias, une analyse du New York Times a révélé que seulement 25% des experts cités dans les articles économiques étaient des femmes.

🚨 En start-up, selon Harvard Business Review, les femmes entrepreneures lèvent en moyenne deux fois moins de fonds que leurs homologues masculins, car elles sont interrogées sur la gestion des risques plutôt que sur les opportunités.

👉 En clair, l’effet Matilda ne se limite pas aux sciences. Il s’observe dans tous les secteurs où la reconnaissance joue un rôle clé.

Et ça ne touche pas que les femmes. Ce phénomène s’étend à toute forme de diversité systématiquement sous-évaluée : les minorités, les outsiders, ceux qui ne rentrent pas dans les cases traditionnelles.

L’effet Matilda 2.0 : discret, mais toujours aussi efficace
L’effet Matilda ou comment l’innovation se fait voler en silence

L’effet Matilda ou comment l’innovation se fait voler en silence

💡 Un écosystème appauvri produit de mauvaises récoltes. L’effet Matilda ne se contente pas d’être une injustice, c’est aussi un énorme gâchis.

🟢 Exemple : Les levées de fonds et le biais des investisseurs

Des recherches menées par Dana Kanze, professeure à la London Business School, ont montré que les investisseurs posaient des questions différentes selon le genre du ou de la fondatrice.

🔹 Aux hommes : "Comment allez-vous accélérer votre croissance ?"

🔹 Aux femmes : "Comment allez-vous minimiser les risques ?"

Ce type de biais n’est pas intentionnel, mais il a un impact direct sur l’accès aux ressources et à la reconnaissance professionnelle.

🟢 Et si on abordait l’effet Matilda sous un autre angle ?

Dans la nature, un écosystème qui repose sur une seule espèce dominante est voué à disparaître. La diversité, ce n’est pas un caprice militant, c’est une stratégie de survie.

💡 L’effet Matilda, c’est exactement ça : une monoculture intellectuelle qui affaiblit l’innovation et la créativité. Tant qu’on continue à invisibiliser une partie des cerveaux, on limite les avancées possibles.

Rendre à Césarienne ce qui lui appartient

Rendre le crédit là où il est dû : Une bonne idée en réunion ? Nommez clairement son autrice.

Arrêter de jouer à cache-cache avec les expertes : Dans les médias et les conférences, les panels 100% masculins ne sont plus acceptables.

Mettre en place des formations sur les biais de genre : Spoiler : tout le monde en a. Plus on les détecte, plus on peut les contrer.

Changer les grilles d’évaluation des candidatures et financements : Pour éviter que “confiance en soi” soit un critère biaisé favorisant toujours les mêmes profils.

Rendre à Césarienne ce qui lui appartient

L’histoire n’est pas figée, elle se réécrit.

Les biais de reconnaissance ne sont pas immuables. Ils évoluent avec la prise de conscience collective et les changements systémiques.

🔥 Vous connaissez une femme dont le travail a été éclipsé ? Dites son nom. Parlez de son œuvre. Partagez son histoire.

Parce que ce qui n’est pas nommé reste invisible. 🚀